Le rapport de la femme africaine à l’argent : je t’aime moi non plus ?

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Le mois dernier était le mois consacré à la femme. Si elle a longtemps été définie par rapport à l’homme, les dernières décennies ont vu les considérations vis-à-vis de cette dernière évoluer. Elle semble ne plus se définir par rapport à l’homme, mais par rapport à elle-même, comme un être entier qui n’a pas besoin de l’autre sexe pour être définie, pour exister.

Le rôle, ou plutôt le comportement de la femme au sein de la famille africaine semble avoir également évolué, les us et coutumes de nos parents et grands-parents à ce niveau semblant n’être plus que des vestiges du passé. En même temps on observe un nombre croissant de divorces dans le monde. Une corrélation quelconque ? Loin de moi l’idée de lancer un débat sur le féminisme.

Je m’appuie sur ce qu’on peut admettre comme les considérations « habituelles » concernant la femme en Afrique pour en aborder une autre : le rapport à l’argent. Il semblerait qu’il y ait un lien étroit entre la femme et l’argent. Vous avez certainement pu observer circuler la « fameuse » équation mettant en scène « femme » et « problèmes » et dont le résultat est femme=argent ; ou encore le « conseil » qui instruit à l’homme que s’il aime une femme, il doit lui donner de l’argent, de l’argent et encore de l’argent. Bien que ça puisse parfois être drôle (pas forcément pour les concernées) ce sont là des considérations « communes » qu’il vaut mieux prendre avec des pincettes.

Rien n’empêche cependant d’y jeter un coup d’œil, tout en demeurant aussi factuel que possible.

La femme africaine entreprend !

L’entrepreneuriat est presque devenu un eldorado pour les africains, et les femmes ne sont pas en reste de ce côté. On pourrait vous faire des articles mettant en avant quelques-unes.  Les faits sont cependant clairs : un nombre sans cesse croissant de femmes prend le risque entrepreneurial à bras le corps, et les success stories émergent en continu.

De la grand-mère qui tient une entreprise spécialisée dans la sonorisation (plusieurs boutiques), à la jeune de moins de 30 ans qui tient une entreprise agricole prospère, en passant par celle-là qui transforme et commercialise des épices sous sa marque propre, les exemples sont foison.

La femme africaine trouve des solutions pour protéger et faire fructifier son argent

La tontine reste une spécificité africaine qui ne cesse de défier les us mondiaux en termes d’épargne ; et la tontine est une spécialité de la femme africaine. Si on peut s’inquiéter du taux de bancarisation très bas de la femme comparé à celui de l’homme en Afrique, on peut être rassuré d’une chose : la femme a de l’argent et sait (globalement) où le mettre pour qu’il rapporte, et elle ne le mettra certainement pas en banque, de prime abord.

Les nombreuses réunions qui demandent contributions, cotisations, etc. constituent pour la femme africaine des moyens efficaces de développer une épargne sans trop de conditions, épargne disponible rapidement au besoin, pour le lancement de projets personnels ou même communautaires.

La femme africaine est une lionne (ce n’est pas ce que vous pensez)

Ce point vient légèrement contraster les précédents, qui sont souvent caractéristiques de femmes qui « gèrent » leur argent indépendamment de leur mari, le cas échéant. Il existe un peuple en Afrique, où la femme agit exactement comme la lionne de la savane : elle sort se battre pour sa famille alors que l’époux, ayant souvent plusieurs femmes, reste à la maison.

Elle rapporte ensuite la totalité de ses gains qu’elle remet entre les mains de son époux, qui décide quoi en faire. Ce dernier, très souvent polygame, peut même en doter une autre avec cet argent, sans que cela ne pose problème.

On observe bien que les stéréotypes africains concernant le rapport « particulier » de la femme à l’argent sont monnaie courante chez nous. S’ils peuvent sembler vérifiés, ce qui se vérifie également c’est que la femme agit différemment face à l’argent, en fonction de son éducation et de son environnement. Ce qui se vérifie également, toutes choses égales par ailleurs, c’est que la femme sait générer de l’argent au besoin, sans que l’homme n’intervienne forcément.

Les préjugés concernant le rapport de la femme à l’argent sont-ils aussi « légion » chez vous ? Partagez-en quelques-uns et vos avis là-dessus en commentaire !

Par Paul Emmanuel NDJENG

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