3 freins à l’entrepreneuriat au Cameroun

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L’entrepreneuriat au Cameroun… toute une histoire ? La dernière décennie a vu naître, mieux dit, paraître, une série d’entrepreneurs de moins de 30 ans pour la plupart, qui ont plus ou moins fait parler du pays de manière relativement intense concernant cette “activité”. Si beaucoup qui ont même été cités dans de “prestigieux” magazines ont aujourd’hui disparu, il n’en demeure pas moins que le Cameroun demeure un pays où on entreprend énormément (c’est presque un euphémisme de le dire).

Le Cameroun, en première position en matière d’entrepreneuriat

En 2016, le Cameroun a même été classé 1er en création d’entreprises selon Global Entrepreneurship. Le Cameroun comptait alors à l’époque 37.4% de créateurs d’entreprises devant l’Ouganda (35.5%) et le Botswana (32.8%). En comparaison, l’Union Européenne n’en était qu’à 6%.

Si la plupart des entreprises créées ne dépassent pas le seuil de 2 ans, il est tout de même clair que l’engouement y est. Naturellement, le Cameroun ne fait pas exception concernant les freins à cette activité qui est presque un art de vivre chez nous. Vendre des croquettes, des boulettes de viande, des arachides, des tranches de gâteau, des chips et biscuits faits maison, juste pour se “faire les poches” et acheter ses cahiers, c’est quelque chose de “normal” et d’acquis : on mange à la sueur de notre front, qu’on y aille de manière formelle ou pas.

Quels sont les freins à l’entrepreneuriat au Cameroun ?

Les freins à l’entrepreneuriat peuvent être considérés comme les mêmes partout dans le monde. Si chaque pays et région peut avoir ses spécificités, les causes se rejoignent bien souvent.

De manière standard, ce qu’on peut retrouver c’est :

L’environnement des affaires

La structure économique de bien des pays africains n’est pas propice à l’encouragement d’initiatives parfois qualifiées (à raison ou à tort) de farfelues. C’est plus une question de priorités qu’autre chose. La santé, l’alimentation, la nutrition, la sécurité, des besoins qui frappent fort à la porte des gouvernements, occupent naturellement la priorité, devant des activités dont l’incertitude est l’un des premiers traits caractéristiques. Ce n’est pas faute de volonté.

Le socio-politique prend naturellement beaucoup de place dans des pays à la stabilité fragile. On ne peut pas reprocher aux gouvernements de “laisser les entrepreneurs se débrouiller« . Ce qui est clair tout de même, c’est qu’il arrive que les plus méritants soient reconnus et encouragés d’une manière ou d’une autre par leurs gouvernements le cas échéant.

L’accès au financement

Les procédures d’obtention des financements sont parfois bien trop lourdes pour de jeunes entrepreneurs. Les garanties demandées vont parfois bien au-delà de ce qu’ils peuvent fournir. Pourtant, ce ne sont pas les projets à forte valeur ajoutée potentielle qui manquent. Où iront-ils chercher des titres fonciers pour servir de garantie ? De plus, les institutions financières locales n’ont visiblement pas encore prévu les “fonds de capital risque”, ces fonds engagés auprès d’entreprises en début de croissance notamment. De manière globale, on évite le risque et on se concentre sur les pratiques classiques.

Les entrepreneurs eux-mêmes

Le malheur des entrepreneurs c’est bien souvent eux-mêmes. Leurs tares personnelles minent le potentiel des projets qu’ils développent. Le manque de sérieux et de rigueur sont des éléments qui, parmi tant d’autres, n’aident pas. Mais encore, dans des environnements où le modèle de développement de l’individu a longtemps été “études – fonction publique” ou “études – entreprise”, aller entreprendre est une pilule qu’il faut vraiment faire l’effort de faire avaler, à son entourage, comme à ceux à qui on demande du soutien.

Ce qui est clair c’est que pour se lancer dans l’entrepreneuriat au Cameroun notamment, il faut “les avoir bien grosses”. Entre lenteurs administratives et incompréhension claire et nette du projet que vous porterez (ce point vaut beaucoup plus pour les métiers dits du numérique), il y a à faire. Mais encore, il faut compter avec un acteur incontournable de l’environnement local : ENEO, le fournisseur d’énergie électrique.

Si vous faites une petite recherche sur internet, vous verrez pleuvoir du venin à l’encontre de cette structure, qui fait pourtant de son mieux pour offrir le meilleur service possible (on en reparlera peut-être lors d’un prochain papier). Cependant, il faut comprendre que les problèmes de fourniture en énergie électrique sont parfois légion, sur l’ensemble du territoire national; et il faut faire avec !

Ce n’est pas pour rien que les camerounais sont si solides (pour ceux qui vont jusqu’au bout de leur projet).

Par Paul Emmanuel NDJENG 

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