Cameroun : Un marché financier est plein essor ?

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Faire du trading, investir en bourse, acheter des bitcoins; voilà des activités qu’un nombre grandissant de jeunes Camerounais semblent adopter. Entre recherche de liberté financière et discours captivant de coach en entrepreneuriat ou développement personnel, il faut dire que ces activités sont des leviers efficace pour réaliser des plus values financières. Ainsi, on pourrait penser que le marché financier Camerounais est en forte croissance porté par un boom des investisseurs. Mais est ce vraiment le cas ?

De nouveaux titres financiers, des nouveaux acteurs

La création de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) au terme du processus de fusion de la Douala Stock Exchange (DSX) et BVMAC, constitue un véritable tournant de l’essor du marché financier en zone CEMAC plus particulièrement au Cameroun. Si de grands espoir était formulé notamment sur l’introduction de plusieurs entreprises publics et parapublics au sein de la BVMAC, l’on attends toujours. Au 17 septembre 2021, la capitalisation boursière s’élève à près de 844 milliards de FCFA. L’entrée sur le marché action de l’établissement de microfinance, la Régionale SA a quelques peu dynamisé le marché.

Par ailleurs, le marché obligataire s’est caractérisé par des radiations de titres et de nouvelles émissions. L’engouement des Camerounais à investir au sein de la BVMAC reste mesuré. En effet, si l’on prend le cas de l’introduction en bourse de la Régionale SA, malgré une prolongation de la période de souscription les objectifs n’ont été atteints. A contrario, les investisseurs ont répondu présent lors des émissions des emprunts obligataire d’Alios Finance et de la BDEAC.

En attendant un décollage réel du marché financier Camerounais, les acteurs s’organisent plus particulièrement les intermédiaires. De nouveaux entrants comme L’Africa bright securities espère participer à la démocratisation de l’investissement boursier en zone CEMAC.

Les investisseurs en quête de plus value

Malgré des avertissements, interdictions de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF), les entreprises proposant du trading de cryptomonnaie attirent l’intérêt des Camerounais. Bien évidemment, les rendements annoncés 100%, 110%…..pourront faire rêver même des milliardaires comme le Nigérian Aliko DANGOTE. A défaut, de se jeter dans la gueule du loup d’aucun préfère investir sur des marchés boursiers plus attractifs via des plateformes de trading en ligne.

Si ces pratiques ne sont pas très courantes, elles témoignent d’un attrait réel des Camerounais pour l’investissement boursier. Malheureusement, l’accès aux titres de la BVMAC s’avère plus complexe que placer votre argent dans des systèmes de ponzi comme Chymall ou Mekit. Il est donc là le véritable problème. Les échanges de titres sur le marché de la BVMAC sont quasiment nul pendant plusieurs mois. Et le problème n’est pas uniquement le nombre réduit de titre mais également le nombre d’investisseurs. L’absence de spéculation gangrène ce marché, pourtant c’est la quintessence même de la bourse. La présence d’acheteurs et de vendeurs permet de faire fluctuer les cours des actions.

Afin d’acquérir un titre côté au sein de la BVMAC, vous devez disposer d’un compte bancaire ce qui n’est le cas que pour 20% des Camerounais. L’inclusion financière se présente donc comme le défi majeur à résoudre afin de garantir un afflux d’investisseur.

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